Rapport 2025 sur la situation épidémiologique de la méningo-encéphalite verno-estivale (FSME)
En 2025, 502 cas d’encéphalite à tiques (FSME) ont été déclarés en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein, soit un nouveau record depuis l’introduction de la déclaration obligatoire en 1988. Le rapport épidémiologique présente l’évolution temporelle, démographique et géographique de la maladie, et examine les facteurs susceptibles d’influencer cette évolution. Il met également en évidence d’importantes disparités régionales ainsi que des taux de déclaration plus élevés dans les groupes d’âge avancé.
Introduction
La méningo-encéphalite verno-estivale (FSME) est une infection virale transmise par les tiques. Elle peut provoquer de graves maladies neurologiques [1]. Les cas de maladie sont déclarés à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) depuis 1988 dans le cadre de la déclaration obligatoire. La surveillance nationale sert à enregistrer leur évolution temporelle, démographique et géographique. Depuis 2014, les cas déclarés de FSME ont fortement augmenté. Cette évolution n’est pas régulière, mais se caractérise par d’importantes fluctuations annuelles. Dans le présent rapport, l’expression « cas de FSME » désigne tous les cas déclarés classés comme confirmés, probables ou possibles, conformément à la définition en vigueur (tableau 1). Les déclarations classées comme des « non-cas » et celles qui ne sont pas classées ne sont pas prises en compte dans les analyses, sauf indication contraire.
En 2025, 502 cas confirmés, probables et possibles de FSME ont été déclarés, ce qui correspond à un taux de déclaration de 5,5 cas pour 100 000 habitants. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis l’introduction de la déclaration obligatoire. La figure 1 présente le nombre de cas déclarés et les taux de déclaration depuis le début de la surveillance en 1988.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : des changements démographiques, géographiques, environnementaux et comportementaux ont influencé l’exposition, et la saisie des diagnostics et des examens cliniques a été modifiée. La présente évaluation de la situation épidémiologique traite ces facteurs d’influence de manière séparée, puis les rassemble en vue de l’évaluation globale.
Comparaison internationale
Une augmentation des cas de FSME est également observée dans l’Union européenne (UE) [2]. Cependant, le taux de déclaration moyen pour la FSME y est bien plus faible qu’en Suisse. En 2024, celui concernant les cas confirmés s’élevait à 0,81 pour 100 000 habitants dans toute l’UE [3]. Une comparaison directe avec la Suisse reste toutefois limitée, car le taux de déclaration dans notre pays regroupe les cas probables et possibles, en plus des cas confirmés. Les taux de déclaration divergent nettement d’un État membre à l’autre. Dans les pays limitrophes de la Suisse et du Liechtenstein, ils s’élevaient, en 2024, à 0,08 pour 100 000 habitants en France, à 0,10 en Italie, à 0,81 en Allemagne et à 1,78 en Autriche [3]. Des taux plus élevés ont notamment été observés en Suède (3,64), en Slovénie (4,24), en Estonie (5,09) et en Tchéquie (5,71) [3].
Qualité des données
La classification d’un cas de FSME se fonde sur une combinaison de critères cliniques, de laboratoire et/ou épidémiologiques. Un résultat de laboratoire positif n’est pas systématiquement synonyme de FSME manifeste sur le plan clinique. Pour pouvoir ensuite classifier la déclaration (« classification du cas »), des données autres que le résultat de laboratoire sont nécessaires, comme les manifestations, l’évolution de la maladie et le statut vaccinal [4]. La définition de cas en vigueur depuis 2013 et les critères de qualification correspondants sont résumés dans le tableau 1.
Tableau 1 : Définition de cas et classification des cas de FSME pour la Suisse et la Principauté de Liechtenstein, depuis 2013
En 2025, les catégories « probables » et « possibles » représentaient une partie considérable des cas de FSME déclarés (figure 2). En outre, le nombre de cas non classifiés a augmenté, alors que celui des non-cas a reculé. Cette classification reflète la combinaison des résultats de laboratoire et des données cliniques disponibles. Ainsi, si des IgM sont détectés dans un échantillon unique de sérum et que les critères cliniques sont remplis, un cas peut être qualifié au mieux de « probable ». En l’absence de données cliniques, le même résultat de laboratoire est considéré comme « possible ».
La figure 3 montre que la part des déclarations dont les données cliniques étaient insuffisantes se situait à un niveau élevé en 2025. Au moment d’interpréter la situation épidémiologique, il faut tenir compte du fait que l’exhaustivité des données cliniques et, ainsi, l’exactitude de la classification divergent d’un cas déclaré à l’autre.
Répartition des cas par sexe et par âge
En 2025, les hommes ont été plus touchés par la FSME que les femmes. Cette tendance s’observe depuis le début de la surveillance. Au total, 57 % des cas déclarés concernaient des hommes, contre 43 % des femmes. Le taux de déclaration s’élevait à 6,37 cas pour 100 000 hommes et à 4,68 cas pour 100 000 femmes. L’âge médian de tous les cas déclarés, indépendamment du sexe, était de 51 ans.
Les taux de déclaration de la FSME présentent des différences marquées d’un groupe d’âge à l’autre (figure 4). Dans l’ensemble, ils augmentent avec l’âge, les taux spécifiques à l’âge étant soumis à de fortes fluctuations annuelles. La hausse des déclarations observée ces dernières années a concerné avant tout les 40 à 64 ans et les personnes de 65 ans et plus. En 2025, le taux de déclaration des 40 à 64 ans était supérieur à celui des personnes de 65 ans et plus pour la première fois depuis 2018. À l’inverse, ceux enregistrés dans les groupes d’âge des 0 à 5 ans et des 15 à 19 ans ont diminué par rapport aux années précédentes.
L’analyse selon l’âge et le sexe indique que dans toutes les tranches d’âge, les taux de déclaration des hommes sont supérieurs à ceux des femmes (figure 5). Le taux de déclaration le plus élevé observé en 2025 concernait les hommes de 65 ans et plus, avec 9,68 cas pour 100 000 hommes de cette tranche d’âge. En deuxième position, on trouvait les hommes de 40 à 64 ans (7,59 pour 100 000). Chez les femmes, les 40 à 64 ans présentaient le taux de déclaration le plus élevé (6,55 cas pour 100 000 femmes). Le taux le plus bas concernait celles de 15 à 19 ans (0,91 pour 100 000).
Répartition géographique et facteurs environnementaux
Le tableau 2 présente le nombre de cas annuels de FSME et les taux de déclaration pour 100 000 habitants en Suisse, dans la Principauté de Liechtenstein et dans chaque canton, de 2021 à 2025. Pour les années 2021 à 2024, les données démographiques spécifiques à chaque année fournies par l’Office fédéral de la statistique (OFS) ont été utilisées. Comme ces données n’étaient pas encore disponibles pour 2025 au moment de l’analyse, les taux de déclaration pour cette année ont été calculés sur la base des données démographiques de 2024.
En 2025, les taux de déclaration cantonaux se situaient entre 0,18 (GE) et 13,1 cas (UR) pour 100 000 habitants. Ces taux varient donc nettement d’un canton à l’autre et fluctuent parfois d’une année à l’autre au sein du même canton. Dans les cantons de petite taille notamment, la moindre évolution du nombre de cas peut entraîner des variations considérables du taux de déclaration. Certaines valeurs annuelles doivent donc être interprétées avec prudence. Durant la période sous revue, les Grisons (GR), Saint-Gall (SG) et Thurgovie (TG) ont présenté de manière récurrente des taux de déclaration supérieurs à la moyenne nationale.
Afin de mettre en perspective les disparités régionales, le nombre de cas observés entre 2005 et 2025 a été comparé au nombre de cas attendu, prévu par le modèle (figure 6). Les risques relatifs ont été estimés à l’aide de la méthode empirique de Bayes, ce qui a permis de réduire d’éventuelles fluctuations, notamment si le nombre de cas était faible. Un risque relatif de 1 correspond à ce que le modèle avait prévu. Les valeurs au-delà de 1 indiquent que le nombre de cas observés était supérieur aux prévisions ; les résultats inférieurs à 1 indiquent le contraire.
Des risques relatifs élevés concernaient en particulier Appenzell Rhodes-Extérieures (AR), les Grisons (GR), Thurgovie (TG) et Uri (UR). Cependant, la répartition géographique à elle seule ne permet pas de tirer de conclusions sur les causes sous-jacentes. Les disparités régionales peuvent notamment s’expliquer par le risque d’exposition, la couverture vaccinale, la pratique en matière de diagnostic, l’exhaustivité des déclarations ou d’autres facteurs démographiques et écologiques. Comme la répartition géographique se fonde sur le canton de résidence, elle ne correspond pas forcément au lieu probable de l’infection.
Saisonnalité
Le schéma saisonnier des années précédentes s’est répété en 2025. Le nombre de cas de FSME déclarés était supérieur en été qu’en hiver [2]. Il a été le plus élevé entre mai et août (figure 7). Comme en 2024, la hausse saisonnière s’est amorcée plus tôt dans l’année en 2025, et la phase de cas élevés a duré plus longtemps. Comme souvent, le pic a été atteint en juin. Avec 133 cas déclarés, la valeur la plus élevée de 2024 (91 cas en juin 2024) a été largement dépassée. De manière générale, la répartition mensuelle des cas observée ces dernières années indique une prolongation de la saison de la FSME.
Les évolutions au niveau de la saisonnalité peuvent être dues à l’activité annuelle des tiques, aux conditions météorologiques, à la végétation et au comportement de la population en matière de loisirs et d’exposition.
Vaccination et prévention
Une analyse du statut vaccinal des cas déclarés de FSME montre que les personnes non vaccinées continuent de représenter la majorité des cas dont le statut vaccinal est connu (figure 8). En 2025, 502 cas de FSME ont été déclarés. Parmi les 329 cas dont le statut vaccinal était connu, 288 (88 %) n’étaient pas vaccinés ; pour 41 cas, au moins une dose de vaccin était documentée. Pour 173 cas (34 % de toutes les déclarations), le statut vaccinal était inconnu. La part élevée de données manquantes limite les possibilités d’interpréter la répartition selon le statut vaccinal. En outre, la répartition selon le statut vaccinal parmi les cas déclarés ne permet pas, à elle seule, de tirer de conclusions sur l’efficacité de la vaccination.
En outre, le nombre de doses, à lui seul, ne permet pas de déterminer de manière définitive si la vaccination a effectivement échoué. À cet effet, il faudrait tenir compte des intervalles entre chaque dose de vaccin, du moment de la dernière dose et de la certitude diagnostique du cas. Comme ces données ne sont pas collectées de manière systématique lors de la déclaration, elles ne permettent pas d’évaluer de potentiels échecs vaccinaux.
Conclusion
La situation épidémiologique de la FSME en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein s’est caractérisée, en 2025, par un nouveau pic des cas déclarés et la poursuite de la tendance à la hausse observée depuis plusieurs années. La charge de morbidité était inégalement répartie : les hommes ont été plus touchés que les femmes, et les taux de déclaration les plus élevés ont été enregistrés dans les groupes les plus âgés. Parallèlement, les disparités régionales ont été marquées, certains cantons ayant été touchés beaucoup plus fortement que la moyenne. La majorité des cas dont le statut vaccinal était connu n’étaient pas vaccinés.
L’augmentation constatée des cas de FSME ne s’explique pas par une cause unique. De manière générale, les résultats indiquent qu’elle reflète au moins en partie une hausse effective des cas de FSME. Pour certains indicateurs, notamment le statut vaccinal et les données cliniques, de nombreuses informations font défaut. Cette situation complique l’évaluation de l’ampleur du phénomène et des facteurs d’influence possibles. Parallèlement, des modifications des conditions environnementales et climatiques peuvent contribuer à prolonger la période d’activité des tiques et, ainsi, la période d’exposition, ce qui peut influencer davantage l’évolution épidémiologique.
Ainsi, la FSME reste une maladie importante pour la santé publique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein. La vaccination, une communication adaptée aux groupes cibles, la sensibilisation de la population et des déclarations continues et de qualité constituent des mesures essentielles pour évaluer l’évolution future de la maladie et lutter contre celle-ci.
Informations complémentaires
Références
- Office fédéral de la santé publique : Méningo-encéphalite à tiques. 2026. Disponible sur Méningo-encéphalite à tiques (FSME)
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) : Surveillance and updates for tick-borne encephalitis. 2025. Consulté le 16.7.2026 sur Surveillance and updates for tick-borne encephalitis
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) : Surveillance Atlas of Infectious Diseases: Tick-borne Encephalitis. 2024. Consulté le 16.7.2026 sur Surveillance Atlas of Infectious Diseases
- Office fédéral de la santé publique : Guide de la déclaration obligatoire. 2026. Disponible sur Guide de la déclaration obligatoire téléchargement PDF
Autres ressources
- Office fédéral de santé publique : Maladies transmises par les tiques. 2026. Disponible sur Maladies transmises par les tiques
- Office fédéral de la santé publique : Tiques et agents pathogènes transmis par les tiques : FAQ. 2026. Disponible sur Tiques et agents pathogènes transmis par les tiques : FAQ
Office fédéral de la santé publique OFSP
Schwarzenburgstrasse 157
Suisse - 3003 Berne








