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Initiative mondiale de l'OMS : eradiquer la poliomyélite

Un monde sans poliomyélite : tel est l’objectif poursuivi par l’OMS avec son initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Des taux de vaccination élevés, une surveillance continue et une utilisation sûre des poliovirus en laboratoire constituent les piliers centraux de cette stratégie mondiale.

En 1988, l’Assemblée mondiale de la santé a adopté la résolution WHA41.28, lançant ainsi l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (Global Polio Eradication Initiative, GPEI).

Depuis lors, le nombre de nouveaux cas cliniques au niveau mondial, estimé à environ 350'000 par année, a diminué de plus de 99 %. Alors que le poliovirus sauvage était autrefois endémique dans plus de 125 pays, il ne circule aujourd’hui plus qu’en Afghanistan et au Pakistan.

L’éradication de la poliomyélite est considérée comme atteinte lorsqu’aucun nouveau cas clinique dû à des poliovirus sauvages n’est détecté dans le monde pendant trois années consécutives, que les systèmes de surveillance présentent une sensibilité suffisante et que tous les stocks de virus présents dans les laboratoires sont gérés sous des conditions strictes de confinement.

Cinq régions de l’OMS sont aujourd’hui certifiées exemptes de poliomyélite : les Amériques (1994), le Pacifique occidental (2000), l’Europe (2002), l’Asie du Sud-Est (2014) et l’Afrique (2020).

Éradication au niveau mondial des poliovirus sauvages de type 2 et de type 3

Poliovirus sauvage de type 2 (WPV2)

Le dernier cas a été enregistré en 1999. L’OMS a déclaré le WPV2 éradiqué au niveau mondial en septembre 2015. Afin de prévenir toute réémergence, la souche Sabin de type 2 a été retirée du vaccin antipoliomyélitique oral vivant (OPV) à l’échelle mondiale en avril 2016. Les virus vaccinaux atténués peuvent en effet être génétiquement instables et, dans de rares cas, muter et redevenir neurovirulents. Ainsi peuvent alors apparaître des poliovirus dérivés de souches vaccinales dits « circulants » (cVDPV), capables de se propager dans des populations insuffisamment vaccinées et de provoquer l’apparition de cas cliniques.

Poliovirus sauvage de type 3 (WPV3)

Le dernier cas a été signalé en 2012 au Nigeria. Le 24 octobre 2019, l’OMS a déclaré le WPV3 éradiqué au niveau mondial.

Confinement après éradication

Depuis l’éradication des poliovirus de types 2 et 3, des règles strictes de confinement des stocks viraux restants s’appliquent au niveau mondial. Les poliovirus sauvages, les virus dérivés des souches vaccinales ainsi que le matériel potentiellement infectieux (PIM) ne peuvent dès lors être conservés que dans des établissements spécialement certifiés, appelés Poliovirus-Essential Facilities (PEF). Les établissements ne disposant pas de cette certification sont tenus soit de détruire ces échantillons, soit de les transférer vers une PEF.

Les mêmes exigences s’appliquent à la souche vaccinale Sabin de type 2, puisque ce type de virus n’est plus utilisé dans le vaccin antipoliomyélitique oral et qu’il convient d’éviter toute réémergence. En revanche, la souche vaccinale Sabin de type 3 peut provisoirement continuer à être utilisée dans des établissements non certifiés tant que le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (OPV1 et OPV3) est toujours utilisé au niveau mondial.

Les mêmes exigences s’appliqueront à tous les stocks restants de poliovirus de type 1 après son éradication.

Point de coordination national pour le confinement des poliovirus

La Section Sécurité biologique, génétique humaine et procréation médicalement assistée de l’OFSP assume la fonction de point de coordination national pour l’utilisation sécurisée des poliovirus ainsi que pour leur confinement sûr dans les laboratoires suisses. En collaboration avec les autorités cantonales, elle veille au respect strict des exigences du Plan d’action mondial de l’OMS pour le confinement des poliovirus, 4e édition (GAP IV, voir sous Documents). Ce plan est en vigueur depuis le 1er juillet 2022 et remplace dans sa totalité la 3e édition (GAP III, 2014/2015). Il constitue le cadre obligatoire à l’échelle mondiale pour toutes les installations manipulant du matériel contenant ou susceptible de contenir des poliovirus.

La directive OMS sur le PIM, 2e édition (octobre 2024), est également contraignante : « Guidance to minimize risks for facilities collecting, handling or storing materials potentially infectious for polioviruses » (voir sous Documents). Elle s’adresse non seulement aux laboratoires spécialisés, mais aussi à toutes les institutions susceptibles de posséder et/ou de manipuler du PIM, comme les hôpitaux, les laboratoires effectuant une surveillance microbiologique de l’environnement et les biobanques. La 2e édition comprend des annexes web mises à jour (A–D), dont un inventaire des données relatives aux poliovirus par pays et territoire (annexe A) ainsi que des formulaires révisés (formulaires 1 et 2, voir sous Documents).

Tâches principales du point de coordination national

  • Inventaire : recensement de tous les laboratoires suisses détenant des poliovirus sauvages, des vaccins vivants OPV (Sabin), des poliovirus dérivés de souches vaccinales ou du matériel potentiellement infectieux
  • Confinement WPV2 et WPV3 : garantir que ces souches éradiquées sont exclusivement conservées dans des PEF certifiées, ou ont été détruites
  • Préparation au confinement du WPV1 : coordination des travaux préparatoires pour le confinement futur de tous les stocks restants de WPV1 après éradication, conformément à la phase III du GAP IV

Pour toute question concernant le confinement des poliovirus, veuillez vous adresser à biosafety@bag.admin.ch.

Informations complémentaires

Thèmes complémentaires

Poliomyélite / paralysie infantile

De grands progrès ont été faits sur la voie de l’éradication de la poliomyélite, mais les avancées ne sont pas encore consolidées dans tous les pays. De ce fait, il faut poursuivre la vaccination contre la poliomyélite en Suisse.

Sécurité biologique

La sécurité biologique vise à protéger les êtres humains et l'environnement en cas d'utilisation d'organismes génétiquement modifiés, pathogènes ou exotiques.

Office fédéral de la santé publique OFSP

Division Biomédecine
Section Sécurité biologique, génétique humaine et procréation médicalement assistée
Schwarzenburgstrasse 157
Suisse - 3003 Berne