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Exposition de la population suisse aux rayonnements

La majeure partie de l’exposition de la population aux rayonnements ionisants est due au radon dans les habitations et sur les lieux de travail ainsi qu’aux examens médicaux. L’exposition à ces sources varie largement d’un individu à l’autre.

Exposition moyenne

Les contributions moyennes des sources d’exposition susmentionnées sont illustrées en figure 1. La dose efficace moyenne reçue par la population suisse du fait de l’ensemble de ces sources d’exposition s’élève ainsi à environ 6 mSv/an.
Vous trouverez de plus amples informations sur les différentes sources d'exposition et sur l'exposition des patient(e)s dans la rubrique « Liens » ci-dessous.

Variabilité de l’exposition

Les valeurs moyennes de l’exposition ne sont, à elles seules, pas suffisantes pour donner une image représentative de l’exposition réelle de la population suisse, car certaines de ces composantes peuvent varier de manière très significative d’un individu à l’autre. L’exemple le plus significatif est celui de l’exposition médicale des patient(e)s. La dose efficace moyenne pour les examens CT les plus courants sur l’abdomen et le haut de l’abdomen est p.ex. d’environ 12 mSv. La dose moyenne de 1.69 mSv pour l’exposition des patient(e)s n’est donc pas très représentative de la distribution des doses reçues individuellement.

Afin d’obtenir une image globale de l’exposition aux rayonnements de la population suisse, il est donc important de tenir compte des conditions individuelles, p.ex. le lieu d’habitation, le mode de vie et les habitudes alimentaires, ainsi que les examens médicaux réalisés, afin de prioriser de façon ciblée les mesures de radioprotection pour la population. Cela permettra à tout un chacun de comprendre plus facilement dans quelle mesure son comportement ou une situation particulière peut influencer sa propre exposition aux rayonnements. Afin d’illustrer ces différences d’exposition aux rayonnements, quelques scénarios d’exposition fictifs, mais réalistes, ont été définis et les contributions à la dose effective des différentes sources d’exposition évaluées. Les doses globales résultantes pour l’individu fictif en question sont présentées en figure 2.

Informations complémentaires sur les différentes contributions à l'exposition aux rayonnements

Rayonnement terrestre et cosmique

Le rayonnement terrestre (c’est-à-dire le rayonnement provenant du sol et des roches) induit une dose moyenne de 0.35 mSv/an et dépend de la composition du terrain. Cette valeur inclut également la double influence des matériaux de construction à l'intérieur des bâtiments. En effet, ces matériaux protègent du rayonnement extérieur, mais peuvent aussi eux-mêmes contenir des radionucléides naturels. La dose due au rayonnement cosmique reçue, au sol, par la population suisse s’élève également à 0.35 mSv/an en moyenne. Comme ce rayonnement augmente avec l’altitude, la dose atteint p.ex. 0.6 mSv/an pour une personne vivant à 1500 mètres d’altitude. Le rayonnement cosmique est environ 100 fois plus élevé à 10’000 mètres qu’à 500 mètres d’altitude. Les personnes voyageant en avion sont soumises à une exposition supplémentaire. La dose par habitant résultant de ces voyages en avion s’élève ainsi à environ 0.05 mSv/an.

Conseil de lecture: L'estimation du rayonnement cosmique est traitée en détail au chapitre 2.3 du rapport annuel 2022 (p. 46, en allemand).

Alimentation et tabagisme

Le potassium-40 est un radionucléide naturel présent dans l'organisme en équilibre homéostatique. Un individu est ainsi toujours exposé à la même dose (environ 0.2 mSv/an), quelles que soient ses habitudes alimentaires. Pour d’autres radionucléides naturels (p.ex. le radium-226, le polonium-210 et le plomb-210 issus de la série de l’uranium), l’exposition dépend par contre directement des habitudes alimentaires. Certains poissons et fruits de mer peuvent p.ex. accumuler du polonium-210 et du plomb-210. En moyenne, la dose reçue par la population suisse par l’ingestion de radionucléides naturels dans l’alimentation (sans la contribution du potassium-40) est d’environ 0.2 mSv/an. L’inhalation, par les fumeurs, de radionucléides naturels tels que le polonium-210 et le plomb-210 présents dans les feuilles de tabac induit une dose supplémentaire : fumer 20 cigarettes par jour occasionne une dose efficace moyenne de 0.3 mSv/an.

Suggestions de lecture : l'exposition aux rayonnements provenant des radionucléides naturels présents dans les aliments est abordée en détail au chapitre 5 du rapport annuel 2023 (p. 119). Une étude sur la dose de rayonnement due au tabagisme, y compris le tabac chauffé, se trouve au chapitre 2.3 du rapport annuel 2023 (p. 46).

Radon dans les habitations

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle qui peut s’infiltrer dans les bâtiments par le sous-sol. Les produits de désintégration du radon s’accumulent dans les tissus pulmonaires et les irradient. Le radon-222 et ses produits de filiation dans l’habitat constituent la plus importante contribution aux doses de la population. En appliquant le coefficient de dose de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR, Publication 115 de 2010), la dose moyenne due au radon pour la population suisse, basée sur une concentration moyenne de radon dans les bâtiments de 75 Bq/m3, s’élève à environ 3.3 mSv/an.

Rejets de l’industrie, de la recherche et de la médecine ainsi qu’héritages radiologiques liés aux essais et accidents nucléaires

Aux doses de rayonnement déjà mentionnées s’ajoute une faible contribution (≤ 0.1 mSv/an) provenant de l’exposition aux rejets de substances radioactives dans l’environnement par les centrales nucléaires, les industries, les centres de recherche et les hôpitaux. Les émissions de substances radioactives via l'air évacué et les eaux usées de ces installations entraînent des doses maximales d'un centième de mSv par an pour les personnes vivant à proximité immédiate. La limite de dose en situation d’exposition planifiée est fixée à 1 mSv/an pour la population et s’applique essentiellement à cette composante de l’exposition. Les radionucléides artificiels présents dans l’environnement constituent une autre source de rayonnement. Les retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl en avril 1986 et des essais nucléaires atmosphériques au début des années 1960 ne représentent aujourd’hui qu’une dose de quelques centièmes de mSv par an. La dose résultant de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011 est négligeable en Suisse.

Diagnostic médical

Les patients font bien entendu partie de la population générale, mais les doses supplémentaires issues des applications médicales doivent être traitées séparément. Cette exposition est en effet intentionnelle et apporte un bénéfice direct aux patients en termes de santé et de bien-être. Selon la nouvelle enquête de 2023, la dose due aux applications médicales (imagerie médicale) s’élève en moyenne de 1.69 mSv/an et par personne pour l'ensemble de la population, soit une augmentation d’environ 10 % par rapport à l’enquête de 2018. Une grande partie de cette hausse s’explique par un changement de méthode, qui apporte des avantages en termes de représentativité et d'automatisation, mais qui entraîne aussi une rupture dans la série chronologique. Plus des deux tiers de la dose en radiodiagnostic proviennent des examens de tomodensitométrie (CT).

Possibilités d'action pour influencer l'exposition aux rayonnements

L’ensemble de la population suisse est exposée en permanence à des rayonnements ionisants d’origines naturelle et artificielle. Si l’on différencie souvent entre sources naturelles et artificielles, ce n’est en aucun cas parce que les premières sont moins nocives que les secondes, mais généralement parce qu’elles sont présentes partout sans que nous puissions les influencer. Il existe toutefois des exceptions, notamment dans le cas du radon-222. En effet, si le gaz radon et ses descendants radioactifs sont bien d’origine naturelle, c’est leur accumulation dans les bâtiments, en raison d’une construction mal adaptée, qui est responsable des doses de rayonnement élevées pour les occupant(e)s. La situation est semblable pour le tabac et les vols en avion, dont l’origine des rayonnements est naturelle, mais pour lesquels la dose reçue par un individu particulier est directement liée à son comportement.

D’un point de vue de santé publique, il est donc plus judicieux de distinguer les sources d’exposition en fonction des possibilités d’action pour les individus et la société sur l’exposition qu’elles occasionnent plutôt que sur leur origine. La figure 3 illustre les principales sources d’exposition aux rayonnements de la population suisse (sans compter les personnes professionnellement exposées) regroupées selon leur origine et les possibilités d'action.

Informations complémentaires

Radon

Le radon est un gaz noble naturel radioactif qui peut s’infiltrer dans les bâtiments par le sous-sol. Vous trouverez ici des informations sur la stratégie de protection et le plan d'action 2021-2030.

Exposition diagnostique aux rayonnements en médecine

Depuis les années 50, la Suisse collecte régulièrement des données pour déterminer les doses reçues lors d'examens radiologiques. Ici vous avez accès à l’enquête sur la fréquence des examens radiologiques.

Rapports annuels « Radioactivité dans l'environnement »

Le rapport annuel Radioactivité de l'environnement et doses de rayonnements en Suisse présente et analyse les résultats des mesures effectuées par tous les laboratoires participant à la surveillance. Vous trouverez sur cette page tous les rapports annuels depuis 1956, disponibles pour téléchargement. Vous trouverez un lien vers le sommaire du rapport annuel actuel en bas de page.

Radioactivité dans l’eau potable

Rapport sur les radionucléides naturels dans l'eau potable en Suisse (en allemand)

Tchernobyl : 40 ans après l’accident nucléaire, quel héritage pour la Suisse ?

Le 26 avril 1986 l'explosion et l'incendie du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl ont mené à des rejets conséquents de radioactivité dans l'atmosphère.

Fukushima

Le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 causèrent, en plus des terribles dégâts sur une grande partie du territoire japonais, un accident majeur dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

UNSCEAR 2024 Report

Chapter "B. Natural sources of ionizing radiation other than radon and thoron" (in English)

Office fédéral de la santé publique OFSP

Division Radioprotection
Schwarzenburgstrasse 157
Suisse - 3003 Berne