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Publié le 29 septembre 2026

Recommandations pour la vaccination et l’immunisation contre le virus respiratoire syncytial (VRS) : mise à jour 2026

En 2026, les recommandations relatives à la vaccination et à l'immunisation contre le virus respiratoire syncytial (VRS) ont été partiellement adaptées. Le fardeau de maladie lié au VRS est comparable à celui de la grippe ou de la Covid-19. Chaque hiver, entre novembre et mars, le VRS est à responsabilité d'un nombre élevé de maladies, d'hospitalisations et, dans certains cas, de décès. Les nourrissons, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies sous-jacentes graves sont particulièrement touchés. Les recommandations actuelles sont présentées ci-dessous sous forme d’un bref aperçu et, de manière détaillée, dans le fichier PDF disponible sous la rubrique « Documents ». Afin de protéger les nouveau-nés et les nourrissons, il est recommandé soit la vaccination maternelle contre le VRS pendant la grossesse, soit l’administration d’anticorps monoclonaux à action prolongée contre le VRS aux nouveau-nés et aux nourrissons. Ces deux options sont équivalentes. Une dose d’anticorps est recommandée pour les enfants de moins de 2 ans présentant un risque élevé de formes graves de la maladie à VRS. La vaccination contre le VRS est recommandée pour les adultes à partir de 75 ans, ainsi que pour les adultes (non enceintes) à partir de 18 ans présentant un risque très élevé et à partir de 65 ans présentant un risque élevé de formes graves de la maladie à VRS. Le moment idéal pour la vaccination est à partir du mois d’octobre.

Introduction

La version détaillée des recommandations, y compris la liste des produits autorisés et disponibles en Suisse, leur mode d'action, leur efficacité, leurs effets indésirables potentiels et leur sécurité, est disponible dans un fichier PDF séparé sur ce site web.

En ce qui concerne les vaccinations contre le RSV destinées aux adultes non enceintes, il n'y a actuellement aucune prise en charge par l'assurance de base. Une éventuelle prise en charge est actuellement à l'étude (état à l'automne 2026).

Les recommandations actuelles figurent dans un encadré gris.

Recommandations pour l’immunisation passive contre le VRS chez les nouveau-nés, les nourrissons et les enfants en bas âge à risque accru

Le VRS est le motif d’hospitalisation le plus fréquent chez les nourrissons pendant le semestre d’hiver. Une immunisation passive au bon moment offre une bonne protection contre les bronchiolites à VRS et permet dans la plupart des cas d’éviter des consultations ambulatoires, des évolutions graves, des hospitalisations et des décès pendant le semestre d’hiver.

La CFV et l’OFSP recommandent conjointement que tous les nouveau-nés et nourrissons soient protégés contre le VRS soit par une vaccination maternelle pendant la grossesse, soit par une dose unique d’un AcM à action prolongée pendant leur première année de vie. En outre, les enfants de 24 mois ou moins atteints de maladies chroniques congénitales ou acquises associées à un risque constamment haut d’évolution grave d’une infection à VRS doivent recevoir une deuxième dose d’un AcM à action prolongée afin de rester protégés durant leur deuxième saison de VRS.

La CFV et l’OFSP recommandent conjointement d’utiliser exclusivement des AcM à action prolongée (actuellement le nirsévimab et le clesrovimab) et de renoncer à utiliser des AcM à courte durée d’action (palivizumab).

Les gynécologues, les sages-femmes, les pédiatres ou les médecins généralistes devraient proposer aux futurs parents, avant la naissance, les deux options de prévention pour la première année de vie (vaccination maternelle pendant la grossesse et immunisation du nouveau-né ou du nourrisson).

La CFV et l’OFSP estiment que les deux méthodes de prévention sont équivalentes. Toutefois, la vaccination maternelle est recommandée uniquement si l’enfant naît pendant la saison de VRS (d’octobre à mars). Il n’est pas recommandé de combiner une vaccination maternelle avec une immunisation du nouveau-né ou du nourrisson, sauf dans les circonstances particulières mentionnées ci-après.

Figure 1 Algorithme de vaccination maternelle ou d’immunisation des enfants contre le VRS au cours de leur première année de vie (selon le mois de naissance [prévu])

1) Les deux options d’immunisation contre le VRS (vaccination maternelle ou AcM) sont considérées comme équivalentes. Une vaccination maternelle n'est pas considérée comme option en cas de vaccination contre le VRS lors d'une grossesse antérieure.

2) Au plus tard avant la fin de la première saison (31 mars)

3) Situations particulières (risque de concentration insuffisante en anticorps maternels) :

  • Immunosuppression maternelle, y compris VIH avec charge virale indétectable,
  • Prématurité < 37 + 0 SG, ou
  • Risque de perte de l’immunité humorale chez le nourrisson (après pontage cardio-pulmonaire ou oxygénation par membrane extracorporelle) ou une comorbidité qui, selon l’avis du spécialiste traitant, comporte un risque de maladie à VRS potentiellement mortel.
  • La vaccination maternelle a déjà été administrée lors d’une grossesse précédente.

Recommandations de vaccination maternelle contre le VRS pendant la grossesse afin de protéger les nouveau-nés

Le vaccin bivalent non adjuvanté contre le VRS (Abrysvo®) est destiné aux femmes enceintes afin de protéger leur enfant, au moyen d’anticorps maternels, durant ses premiers mois de vie contre les infections des voies respiratoires inférieures graves dues au VRS et les hospitalisations liées au VRS. Abrysvo® est le seul vaccin contre le VRS autorisé durant la grossesse.

La CFV et l’OFSP recommandent de vacciner les femmes enceintes à partir de 18 ans avec 1 dose unique du vaccin Abrysvo®.

Abrysvo® doit être proposé et administré entre la 32+0 et la 36+0 SG (semaine de grossesse), si la date prévue de l’accouchement est entre début octobre et fin mars, et à moins qu'il ne soit pas prévu que le nouveau-né recevra des AcM (cf. algorithme dans la fig. 1).

Le vaccin doit être administré au moins 14 jours (idéalement ≥ 5 semaines) avant la date d’accouchement prévue.              
Si l’accouchement a lieu moins de 14 jours après l’administration d’Abrysvo®, le nouveau-né risque d’être insuffisamment protégé. Il doit alors recevoir une dose d’un AcM à action prolongée après la naissance (voir également 2.2.).

La vaccination contre le VRS pour les femmes enceintes est actuellement recommandée une seule fois et n’est pas recommandée lors des grossesses suivantes.  
Dans les cas où la femme enceinte a déjà reçu une dose d’Abrysvo® lors d’une grossesse précédente, aucune nouvelle dose d’Abrysvo® ne doit être administrée. À la place, le nouveau-né doit recevoir 1 dose d’un AcM à action prolongée.        
Les recommandations actuelles sont cependant réévaluées en permanence, dès que de nouvelles données concernant les rappels de vaccins en cas de grossesses consécutives sont disponibles.

Anticorps monoclonaux à action prolongée pour l’immunisation contre le VRS des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants en bas âge à risque accru

En janvier 2024 a été publié le Consensus statement sur l’utilisation du nirsévimab (Beyfortus®) chez les nourrissons, élaboré par le groupe de travail d’experts sur le nirsévimab. Plusieurs sociétés de discipline médicale, la CFV et l’OFSP étaient représentés au sein de ce groupe de travail. Les recommandations pour l’immunisation des nouveau-nés et des nourrissons ont entre-temps été légèrement modifiées. Deux AcM sont désormais disponibles pour les nouveau-nés et les nourrissons durant la première année de vie : le nirsévimab (Beyfortus®) et, désormais, le clesrovimab (Enflonsia®). Leur dosage varie, et le clesrovimab est uniquement autorisé durant la première année de l’enfant. Les recommandations 2026 sont les suivantes :

Le groupe d’experts, conjointement avec la CFV et l’OFSP, recommande que tous les nourrissons de 12 mois ou moins reçoivent une dose unique d’un AcM à action prolongée comme suit :

a. Nouveau-nés nés entre octobre et mars              
Administration d’une dose unique d’un AcM à action prolongée au cours de la première semaine de vie, idéalement avant la sortie de la maternité ou du service de néonatologie, ou le plus rapidement possible après.

b. Nourrissons nés entre avril et septembre             
Administration d’une dose unique en octobre ou dès que possible après. La dose d’AcM peut être administrée en même temps que les vaccins courants (DTPa-IPV-Hib-VHB, PCV, vaccins contre les méningocoques, ROR, RORV) à un autre point d’injection (en respectant une distance d’au moins 2,5 cm).

En outre, une deuxième dose d’un AcM à action prolongée (nirsévimab : 200 mg, en deux injections de 100 mg chacune) est recommandée en octobre pour les enfants de 24 mois ou moins qui présentent, au début de leur deuxième saison de VRS, selon le constat du spécialiste traitant, des pathologies chroniques congénitales ou acquises associées à un haut risque persistant de forme grave de VRS. Ces pathologies sont notamment les suivantes :

  • Malformation cardiaque congénitale ou acquise ayant un impact significatif sur l’hémodynamique (p. ex. cardiopathie cyanotique)
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Pathologie pulmonaire chronique (telle que dysplasie broncho-pulmonaire modérée à sévère, malformation pulmonaire et mucoviscidose)
  • Troubles métaboliques congénitaux avec répercussion sur la fonction cardiaque ou pulmonaire
  • Pathologie neurologique congénitale ou acquise (épilepsie et infirmité motrice cérébrale) et maladie neuromusculaire
  • Immunodéficience (congénitale, acquise ou induite par un traitement)
  • Syndrome de Down et autres anomalies chromosomiques
  • Prématurité : âge gestationnel < 32 SG
  • Autres maladies chroniques susceptibles d’entraîner une infection sévère à VRS (telles qu’hépatopathie chronique et malformation d’organe).

Chez les enfants devant subir une chirurgie cardiaque avec pontage cardio-pulmonaire ou oxygénation par membrane extracorporelle, une dose supplémentaire d’un AcM à action prolongée est recommandée dès que l’enfant est stable après l’intervention, afin de garantir un taux sérique de nirsévimab suffisant (voir à ce propos les informations professionnelles sur Beyfortus® [www.swissmedicinfo.ch et www.accessdata.fda.gov/drugsatfda_docs/label/2023/761328s000lbl.pdf].

Les enfants âgés de moins de 24 mois avec un risque accru et persistant de complications dues au VRS qui n’ont pas encore reçu de deuxième dose d’AcM avant la fin de leur 2e saison de VRS doivent recevoir leur deuxième dose d’AcM en octobre avant le début de leur 3e saison de VRS.

Il existe une contre-indication pour les enfants ayant eu des réactions allergiques graves connues à l’anticorps lui-même ou à un des composants de Beyfortus® (nirsévimab) ou de Enflonsia® (clesrovimab).

Après une infection par le VRS, les enfants ne doivent plus recevoir d’AcM à action prolongée au cours de la même saison. Exception : perte de l’immunité humorale (pontage cardio-pulmonaire ou oxygénation par membrane extracorporelle). Dans ce genre de cas, l’administration d’un AcM est indiquée.

En cas de pénurie d’AcM à action prolongée, les AcM disponibles doivent être administrés en priorité aux patients à risque accru susmentionnés qui présentent un risque accru d’hospitalisation pour une infection à VRS avant ou pendant leur 1re ou 2e saison de VRS.

Les nourrissons nés pendant la saison de VRS et dont la mère a reçu Abrysvo® pendant la grossesse conformément aux recommandations sont considérés comme suffisamment protégés et n’ont donc pas besoin d’une immunisation supplémentaire avec des AcM à action prolongée.         
Y font exception des situations très précises où il existe un risque de transmission transplacentaire inefficace des anticorps :

  • administration d’Abrysvo® moins de 14 jours avant l’accouchement ;
  • naissance à un âge gestationnel inférieur à 37 SG ;
  • immunosuppression maternelle, y compris VIH avec charge virale persistante ;
  • risque de perte de l’immunité humorale (après pontage cardio-pulmonaire ou oxygénation par membrane extracorporelle) ou comorbidité exposant à un risque de maladie à VRS potentiellement mortelle, tel que déterminé par les spécialistes traitant-e-s.

Recommandations de vaccination contre le VRS pour les adultes à partir de 75 ans, pour les personnes à haut risque de complications à partir de 65 ans, et pour les personnes à très haut risque de complications à partir de 18 ans

Recommandations de vaccination contre le VRS pour les adultes

L’OFSP et la CFV recommandent la vaccination contre le VRS comme suit :

1 dose avec un vaccin autorisé contre le VRS, de préférence avant ou au début d’une vague de VRS. Selon les connaissances actuelles, une dose est efficace au moins 3 ans.
Les données disponibles au cours des prochaines années permettront de déterminer si et quand il faut administrer un rappel.

1. À titre de vaccination complémentaire pour toutes les personnes à partir de 75 ans.

2. À titre de vaccination des groupes à risque pour les personnes âgées de 65 à 74 ans à haut risque de forme grave du VRS : voir tableau 3 (colonne de droite)

3. À titre de vaccination des groupes à risque pour les personnes âgées de 18 à 64 ans à très haut risque de forme grave du VRS : voir tableau 3 (colonne de gauche)

Le vaccin contre le VRS devrait idéalement être administré entre mi-octobre et mi-novembre. Il peut également être administré plus tôt ou plus tard, toutefois si possible avant le début de l’épidémie saisonnière de VRS en octobre. Il est possible d’effectuer la vaccination contre le VRS en même temps, avant ou après une vaccination contre la grippe et/ou le COVID-19.

Tous les vaccins VRS autorisés pour les personnes à partir de 18 ans peuvent être utilisés (sans préférence spécifique), sous réserve de tenir compte des contre-indications et des précautions spécifiques à chaque produit.

Les sérologies VRS (tests d’anticorps VRS) ou la détection d’antigènes avant (ou après) la vaccination ne sont pas recommandées.

Les recommandations actuelles se fondent sur les données disponibles début 2026. La nécessité d’administrer une autre dose de vaccin contre le VRS, et à quel intervalle, est réévaluée en permanence.

*) Telles que le psoriasis, le lupus érythémateux disséminé (LED), la polyarthrite rhumatoïde (PR) ainsi que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Produits disponibles en Suisse en 2026

*) L’évidence actuelle indique que la vaccination VRS offre une protection pendant au moins 3 ans. Le moment adéquat pour une prochaine dose de vaccin fait l’objet d’une évaluation continue.

Remboursement

Des informations sur la prise en charge des coûts sont disponibles sur le site Internet de l’OFSP aux adresses suivantes : Assurance-maladie : mesures de prévention et Prise en charge des coûts des vaccinations prophylactiques. La prise en charge des AcM et des vaccins contre le VRS se fonde sur la liste des spécialités (www.listedesspecialites.ch).

Remarque : actuellement (2026) et jusqu’à nouvel ordre, les vaccinations contre le VRS ne sont pas remboursées pour les personnes non enceintes. La question d’une possible extension du remboursement à d’autres indications et groupes cibles est en cours d’examen.

Aucune prise en charge des frais liés à la prophylaxie contre la VRS n'est applicable après le 31 mars pour les nourrissons âgés de moins de 12 mois, nés entre début octobre et fin mars, qui ne présentent pas de risque accru lié à une prématurité ou à une maladie chronique.

Informations complémentaires

Office fédéral de la santé publique OFSP

Division Maladies transmissibles
Schwarzenburgstrasse 157
Suisse - 3003 Berne