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Mesures à long terme après un événement radiologique

Une fois la situation d'urgence terminée, l'OFSP élabore des mesures à long terme afin de permettre à la population concernée de mener une vie aussi normale que possible.

Lorsque la situation après un événement radiologique est sous contrôle et stable, permettant l’évaluation de l'évolution probable, le Conseil fédéral peut déclarer officiellement la fin de la situation d'urgence (art. 141, ORaP). L'OFSP élabore les mesures à long terme pour cette phase (art. 171, ORaP). L'objectif premier de ces mesures est de ramener la population concernée à une vie aussi normale que possible. Contrairement aux phases précédentes d'un événement, des critères non radiologiques, tels que les conséquences économiques ou psychosociales, prennent d’avantage d’importance.

Surveillance sanitaire

Suivi psychologique

Les personnes légèrement ou gravement irradiées peuvent se retrouver dans un état psychologique critique en raison de la situation exceptionnelle et de l'issue incertaine. De plus, certaines personnes peuvent croire avoir été irradiées alors que ce n'est pas le cas, ce sont les « worried wells ». Il est important d'apporter un soutien psychologique à toutes ces personnes le plus rapidement possible. Cela permet d'éviter une panique générale et de libérer les institutions d'urgence pour les personnes réellement concernées.

Programme de dépistage / suivi

Certaines maladies peuvent apparaître des années après un accident radiologique. Il s'agit notamment des cancers (par exemple, tumeurs, leucémies), mais aussi des maladies cardiovasculaires telles que l'hypertension, les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux. Ces conséquences peuvent survenir même à de faibles doses de rayonnement et sont souvent observées de manière accrue des décennies plus tard.

L'objectif des examens de suivi et des programmes de dépistage est de détecter ces maladies à un stade précoce. Ils n’ont toutefois de sens que s’ils permettent de réduire la fréquence des maladies et la mortalité, sans susciter de craintes inutiles chez les personnes en bonne santé. Il n'est donc pas judicieux de définir des plans de suivi généraux avant même qu'un événement ne se produise. Ces plans devraient être élaborés après un événement, en fonction de la situation, avec la participation conjointe d’experts en médecine, en physique des rayonnements, en chimie, en éthique, en économie et en politique. Comme ces maladies n'apparaissent souvent qu'après de nombreuses années, il y a suffisamment de temps pour le faire. Après un accident radiologique, il est important que toutes les personnes concernées soient immédiatement recensées et que leur localisation soit documentée à long terme.

Agriculture et alimentation

Les substances radioactives peuvent pénétrer dans l'organisme humain par le biais d'aliments contaminés et lui causer des dommages. Afin de protéger la population contre l'absorption de radioactivité par la chaîne alimentaire, des mesures sont nécessaires, en particulier dans les domaines de l'agriculture et de l'alimentation.

En Suisse, des teneurs maximales en radioactivité sont déjà en vigueur pour les denrées alimentaires (ordonnance sur les contaminants, OCO). Elles doivent également être respectées après un événement radiologique. À cette fin, l'OFSP soutient la CENAL dans l'élaboration des programmes de mesure associés.

Dans une zone contaminée, la radioactivité peut également se retrouver dans les produits agricoles. Ainsi, par exemple, si une vache mange de l'herbe contaminée, des substances radioactives peuvent être détectées dans son lait. Afin d'éviter cela, la CENAL peut ordonner une interdiction de récolte et de pâture pendant la phase aiguë d'un événement. Dans les phases ultérieures, il faut également veiller à ce que les animaux de rente ne soient pas nourris avec des aliments contaminés et que les récoltes contaminées ne soient pas mises en circulation. Le respect des valeurs maximales légales doit être vérifié à l'aide de mesures. L'organisation de mesure de la Confédération et les laboratoires cantonaux peuvent être sollicités à cet effet.

Mesures de décontamination et gestion des déchets

Pour que les zones contaminées puissent être réutilisées et réhabitées après un accident radiologique, elles doivent être décontaminées. Les méthodes de décontamination possibles comprennent, par exemple, l'enlèvement de la couche supérieure du sol, l'élimination des feuilles et des branches ou le nettoyage des surfaces à l'eau, par exemple à l'aide d'un nettoyeur haute pression. Ces mesures peuvent générer de grandes quantités de déchets radioactifs qui doivent être stockés provisoirement avant qu'une solution définitive ne soit trouvée.

Décontamination des personnes

Les personnes peuvent également être contaminées. Pour les décontaminer, il suffit généralement de changer leurs vêtements et de leur faire prendre une douche minutieuse. S'il s'agit d'un patient contaminé, une décontamination avant le traitement ou l'admission à l'hôpital est absolument nécessaire afin d'éviter toute propagation. Tout hôpital disposant d'un service d'urgence est en mesure de décontaminer un petit nombre de personnes avant leur admission. La Suisse compte en outre 16 hôpitaux de décontamination qui, en cas d'afflux massif de patients, sont en mesure de décontaminer un grand nombre de personnes.

Réseau national de médecine de catastrophe KATAMED (anciennement Service sanitaire coordonné SSC)

Office fédéral de la santé publique OFSP

Division Radioprotection
Section Risques radiologiques
Schwarzenburgstrasse 157
Suisse - 3003 Berne