Médicaments contenant de la valériane pour traiter l’insomnie, le stress mental et l’anxiété aux examens
La valériane est une plante médicinale très prisée pour favoriser le sommeil et atténuer le stress mental et l’anxiété aux examens. Depuis 2014, les coûts de traitements pris en charge par l’assurance obligatoire des soins ont triplé. C’est pourquoi le présent rapport d’ETS évalue l’efficacité, la sécurité et les répercussions économiques des médicaments contenant de la valériane et examine les questions éthiques, juridiques, sociales et organisationnelles qu’ils entraînent. Pour ce faire, il compare la prise de cette plante médicinale à celle d’un placebo ou d’autres traitements. Les résultats serviront à déterminer si l’assurance-maladie continuera de rembourser ces médicaments.
Une revue systématique de la littérature a été effectuée sur 26 études concernant la thérapie individuelle à base de valériane et sur 7 études consacrées à une association de valériane et de mélisse ou de houblon chez des personnes insomniaques. La plupart des résultats n’ont pas montré d’amélioration par rapport à un placebo ou à d’autres traitements. Seule la qualité du sommeil s’est améliorée de manière avérée. Quatre études supplémentaires ont examiné un traitement associant la valériane et la mélisse ou le houblon pour lutter contre le stress mental, et deux autres (traitement combinant valériane, mélisse, passiflore et pétasite) ont porté sur l’anxiété aux examens ou les angoisses. Ces travaux n’ont pas fourni suffisamment de données pour pouvoir tirer des conclusions sur l’efficacité. En ce qui concerne l’évaluation de la sécurité, les analyses se sont révélées très peu probantes.
Une modélisation sur une période de cinq ans a mis en évidence un impact budgétaire considérable dans les trois domaines de traitement : si l’assurance-maladie arrêtait de prendre en charge les médicaments contenant de la valériane, il en résulterait des économies totales de 202 millions de francs (y compris les coûts des médicaments, les coûts des consultations auprès des professionnels de la santé ainsi que les coûts de santé liés aux troubles de dépendance dans le cadre des thérapies de substitution). Sur ce montant, 174 millions concernent l’insomnie, 22 millions l’anxiété aux examens et 6 millions le stress mental.
L’évaluation des questions éthiques, juridiques, sociales et organisationnelles a montré que la suppression du remboursement en cas de manque d’efficacité est justifiée sur les plans juridique. D’un point de vue social, cette suppression pourrait toutefois créer des obstacles financiers pour les populations vulnérables, lesquels nécessiteraient des mesures de soutien lors de la phase de transition. Au niveau organisationnel, il pourrait en résulter une augmentation de la demande et un allongement des temps de consultation au sein des services de santé mentale.
Le rapport conclut que la plupart des études examinées ne démontrent pas l’efficacité avérée des traitements à base de valériane. Seule la qualité du sommeil a obtenu de meilleurs résultats avec la valériane qu’avec un placebo. S’agissant du stress mental, de l’anxiété aux examens ou des angoisses, les données obtenues étaient insuffisantes. Des économies de plus de 200 millions de francs pourraient être réalisées sur une période de cinq ans si l’assurance-maladie ne remboursait plus les médicaments contenant de la valériane. Un manque d’efficacité justifierait certes la fin de ce remboursement, mais l’accès au traitement devrait rester garanti pour les populations vulnérables.
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